Secteur axone

 

Au seuil d’une masse grise, lourde, austère

Glissait des colonnes d’asphalte,

D’où s’émancipaient effluves mortuaires.

.

Surplombées d’une mer d’ozone,

Les masses découpaient cette nuit chimique

En formes graves, lourdes, rongées par le carbone.

N’en déplaise à la gravité, les ondes sismiques

S’envolaient dans une fine pluie d’acétone,

Débusquant les derniers autochtones,

Survivants des instabilités thermiques.

.

Le gris au grenat,

entreprit la reconquête

D’une terre sans êtres,

D’une terre recouverte,

Mais en vain. Sa quête

Ici, là, s’acheva.

*

©Strochnis

 

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Reflet #1

bannchat

Qui regarde où ? Partout ?

Ne regarde rien, bien.

Ne regarde plus, déçu.

Regarde derrière, misère.

Regarde devant, effrayant.

Regarde autour, amour.

Regarde là, toi.

Regarde maintenant, plaisant.

Regarde bien, regarde tiens !

*

©Strochnis

Ouest sonore

 

 

À l’orée d’une matinée,
un point de vue interrompt le temps.
Au loin, un horizon rythmé,
par des vies probablement s’agitant,
entre le vide et la brise.

L’espace offre sur l’instant,
le scintillement d’une vision subjective,
s’enroule au cours du vent,
Pour s’emplir de pensées vives.

L’harmonie des matières,
s’ajoute à la mélodie des couleurs,
et berce l’imaginaire,
d’un air éclipsant les minutes, les heures.

Le présent efface le formel,
et ranime la mémoire,
pour écrire ce qui se laisse voir,
au gré de sonorités idéelles.

L’esprit s’éprend de reflets solaires,
se gorge d’une chaleur parallèle,
et octroie à la réalité une nouvelle ère,
qui s’écoute d’une oreille irréelle.

Les chants de ces natures vivantes,
virevoltent et se retournent en canon,
pour nous chuchoter une ode rassurante,
ne laissant à nos fâcheuses préconceptions,
qu’une paisible odeur de révolution.

*

©Strochnis 2016