Détours (podcast)

Pour écouter :  [Détours] Série de podcast

Comme son nom l’indique, la série Détours vous fera prendre des déviations sonores tous azimuts. Dédiée aux côtés les plus violents de la techno et des musiques électroniques, elle creusera dans les abysses de tous ces genres qui suscitent des élans de liberté créatrice ou sociale. De l’ambiant à la jungle en passant par le noise, l’EBM, la composition analogique de tout poil, cette série sera entièrement dévouée à la matière brute et dérangée. Un cri insignifiant au sein du tumulte mondial, se voulant moins standardisé et fuyant l’élitisme.
Détours a pour seul et unique but de partager avec vous la route vers l’inconvenance.

*

©Strochnis

Secteur axone

 

Au seuil d’une masse grise, lourde, austère

Glissait des colonnes d’asphalte,

D’où s’émancipaient effluves mortuaires.

.

Surplombées d’une mer d’ozone,

Les masses découpaient cette nuit chimique

En formes graves, lourdes, rongées par le carbone.

N’en déplaise à la gravité, les ondes sismiques

S’envolaient dans une fine pluie d’acétone,

Débusquant les derniers autochtones,

Survivants des instabilités thermiques.

.

Le gris au grenat,

entreprit la reconquête

D’une terre sans êtres,

D’une terre recouverte,

Mais en vain. Sa quête

Ici, là, s’acheva.

*

©Strochnis

 

Ouest sonore

 

 

À l’orée d’une matinée,
un point de vue interrompt le temps.
Au loin, un horizon rythmé,
par des vies probablement s’agitant,
entre le vide et la brise.

L’espace offre sur l’instant,
le scintillement d’une vision subjective,
s’enroule au cours du vent,
Pour s’emplir de pensées vives.

L’harmonie des matières,
s’ajoute à la mélodie des couleurs,
et berce l’imaginaire,
d’un air éclipsant les minutes, les heures.

Le présent efface le formel,
et ranime la mémoire,
pour écrire ce qui se laisse voir,
au gré de sonorités idéelles.

L’esprit s’éprend de reflets solaires,
se gorge d’une chaleur parallèle,
et octroie à la réalité une nouvelle ère,
qui s’écoute d’une oreille irréelle.

Les chants de ces natures vivantes,
virevoltent et se retournent en canon,
pour nous chuchoter une ode rassurante,
ne laissant à nos fâcheuses préconceptions,
qu’une paisible odeur de révolution.

*

©Strochnis 2016